Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/279

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J’avoue que ce renversement de l’Accord de Sixte-ajoutée, qui transporte la Dissonance à la Basse, a été blâmé par M. RAMEAU : cet Auteur, prenant pour Fondamental l’ Accord de Septieme qui en résulte, a mieux aimé faire descendre Diatoniquement la Basse-fondamentale, & sauver une Septieme par une autre Septieme, que d’expliquer cette Septieme par un renversement. J’avois relevé cette erreur & beaucoup d’autres dans des papiers qui depuis long-tems avoient passé dans les mains de M. d’Alembert, quand il fit ses Elémens de Musique ; de sorte que ce n’est pas son sentiment que j’attaque, c’est le mien que je défends.

Au reste, on ne sauroit user avec trop de réserve du Double-emploi, & les plus grands Maîtres sont les plus sobres à s’en servir.

DOUBLE-FUGUE, s. f. On fait une Double-Fugue, lorsqu’à la suite d’une Fugue déjà annoncée, on annonce une autre Fugue d’un dessein tout différent ; & il faut que cette seconde Fugue ait réponse & ses rentrées ainsi que la premiere ; ce qui ne peut gueres se pratiquer qu’à quatre Parties. (Voyez FUGUE.) On peut, avec plus de Parties, faire entendre à la fois un plus grand nombre encore de différentes Fugues : mais la confusion est toujours à craindre, & c’est alors le chef-d’œuvre de l’art de les bien traiter. Pour cela il faut, dit M. Rameau, observer autant qu’il est possible, de ne les faire entrer que l’une après l’ autre ; sur-tout la premiere fois, que leur progression soit renversée, qu’elles soient caractérisées différemment, & que si elles ne peuvent être entendues ensemble, au moins une portion