Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/289

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trouver un Duo comique parfait à mon gré dans toutes ses Parties, je ne quitterai point l’Auteur immortel qui m’a fourni les deux autres exemples, mais je citerai le premier Duo de la Serva Padrona : lo conosco a quegl’occhietti, &c. & je le citerai hardiment comme un modelé de Chant- agréable, d’unité de Mélodie, d’Harmonie simple, brillante & pure, d’accent, de dialogue & de goût ; auquel rien ne peut manquer, quand il sera bien rendu, que des Auditeurs qui sachent l’entendre & l’estimer ce qu’ il vaut.

DUPLICATION, s. f. Terme de Plain-Chant. L’Intonation par Duplication se fait par une sorte de Périélèse, en doublant la pénultieme Note du mot qui termine l’Intonation ; ce qui n’ a lieu que lorsque cette pénultieme Note est immédiatement au-dessous de la derniere. Alors la Duplication sert à la marquer d’avantage, en maniere de Note sensible.

DUR, adj. On appelle ainsi tout ce blesse l’oreille par son âpreté. Il y a des Voix Dures & glapissantes, des Instrumens aigres & Durs, des compositions Dures. La Dureté du Béquarre lui fit donner autrefois le nom de B Dur. Il y a des Intervalles Durs dans la Mélodie ; tel est le progrès Diatonique des trois Tons, soit en montant, soit en descendant ; & telles sont en général toutes les Fausses-Relations. Il y a dans l’Harmonie des Accords Durs ; tels que sont le Triton, la Quinte-superflue, & en général toutes les Dissonances majeures. La Dureté prodiguée révolte l’ oreille & rend une Musique désagréable ; mais ménagée avec art, elle sert au clair-obscur, & ajoute à l’expression.