Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/308

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sut tirer de l’Enharmonique, & comment, loin de faire une Modulation dure, ces Transitions, devenues naturelles & faciles à entonner, donnent, une douceur énergique à toute la déclamation.

J’ai déjà dit que notre Genre Enharmonique est entièrement différent de celui des Anciens. J’ajouterai que, quoique nous n’ayons point comme eux d’Intervalles Enharmoniques à entonner, cela n’empêche pas que l’Enharmonique moderne ne soit d’une exécution plus difficile que le leur. Chez les Grecs les Intervalles Enharmoniques, purement Mélodieux, ne demandoient, ni dans le Chanteur ni dans l’écoutant, aucun changement d’idées, mais seulement une grande délicatesse d’organe ; au lieu qu’à cette même délicatesse, il faut joindre encore, dans notre Musique, une connaissance exacte & un sentiment exquis des métamorphoses Harmoniques les plus brusques & les moins naturelles car si l’ on n’entend pas la phrase, on ne sauroit donner aux mots le Ton qui leur convient ; ni chanter juste dans un systême Harmonieux, si l’on ne sent Harmonie.

ENSEMBLE, adv. souvent pris substantivement. Je ne m’arrêterai pas à l’explication de ce mot, pris pour le rapport convenable de toutes les parties d’un Ouvrage entre elles & avec le tout, parce que c’est un sens qu’on lui donne rarement en Musique. Ce n’ est gueres qu’à l’exécution que ce terme s’applique, lorsque les Concertans sont si parfaitement d’accord, sois pour l’Intonation, soit pour la Mesure, qu’ils semblent être tous animés d’un même esprit, & que l’exécution rend fidélement à l’ oreille tout ce que l’œil voit sur la Partition.