Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/335

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mais simple & sans Mesure, dont les Notes sont presque toutes égales & dont l’Harmonie est toujours syllabique. C’est la Psalmodie des Catholiques Romains chantée à plusieurs Parties. Le Chant de nos Pseaumes à quatre Parties peut aussi passer pour une espece de Faux-Bourdon ; mais qui procede avec beaucoup de lenteur & de gravité.

FEINTE, s. f. Altération d’une Note ou d’un Intervalle par un Dièse ou par un Bémol. C’est proprement le nom commun & générique du Dièse & du Bémol accidentels. Ce mot n’ est plus en usage ; mais on ne lui en a point substitué. La crainte d’employer des tours surannés énerve tous les jours notre Langue, la crainte d’employer de vieux mots l’ appauvrit tous les jours : ses plus grands ennemis seront toujours les puristes.

On appelloit aussi Feintes les touches Chromatiques du Clavier, que nous appellons aujourd’ hui touches blanches, & qu’autrefois on faisoit noires, parce que nos grossiers ancêtres n’ avoient pas songé à faire le Clavier noir, pour donner de l’éclat à la main des femmes. On appelle encore aujourd’hui Feintes coupées celles de ces touches qui sont brisées pour suppléer au Ravalement. F TE, s. f. Divertissement de Chant & de Danse qu’on introduit dans un Acte d’Opéra, & qui interrompt ou suspend toujours l’action.

Ces Fêtes ne sont amusantes qu’autant que l’Opéra même est ennuyeux. Dans un Drame intéressant & bien conduit, il seroit impossible de les supporter.

La différence qu’on assigne à l’Opéra entre les mots de