Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/401

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


gosier, de se marque par un trait recourbé dont on couvre les Notes qui doivent être liées ensemble.

Dans le Plain-Chant on appelle Liaison une suite de plusieurs Notes passées sur la même syllabe, parce que sur le papier elles sont ordinairement attachées ou liées ensemble.

Quelques-uns nomment aussi Liaison ce qu’on nomme plus proprement Syncope. (Voyez SYNCOPE.)

LICENCE, s : f. Liberté que prend le Compositeur & qui semble contraire aux regles, quoiqu’ elle soit dans le principe des regles ; car voilà ce qui distingue les Licences des fautes. Par exemple, c’est une regle en Composition de ne point monter de la Tierce mineure ou de la Sixte mineure à l’Octave. Cette regle dérive de la loi de la liaison harmonique, & de celle de la préparation. Quand donc on monte de la Tierce mineure ou de la Sixte mineure à l’Octave, en sorte qu’il y ait pourtant liaison entre les deux Accords, ou que la Dissonance y soit préparée, on prend une Licence ; mais s’il n’y a ni liaison ni préparation, l’on fait une faute. De même, c’est une regle de ne pas faire deux Quintes justes de suite entre les mêmes Parties, surtout par mouvement semblable ; le principe de cette regle est dans la loi de l’ unité du Mode. Toutes les fois donc qu’on peut faire ces deux Quintes sans faire sentir deux Modes à la fois, il y a Licence : mais il n’y a point de faute. Cette explication étoit nécessaire, parce que les Musiciens n’ont aucune idée bien nette de ce mot de Licence.

Comme la plupart des réglés de l’Harmonie sont fondées sur des principes arbitraires & changent par l’usage & le goût