Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/424

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P. Mersenne le nie avec raison, & il faut n’avoir jamais lu les écrits de ce Chanoine pour soutenir une opinion qu’ils démentent si clairement. Non-seulement il compare les valeurs que les Notes avoient avant lui à celles qu’on leur donnoit de son tems, & dont il ne se donne point pour l’Auteur ; mais même il parle de la Mesure, & dit que les Modernes ; c’est-à-dire, ses contemporains, la ralentissent beaucoup, & moderni nunc morosâ multùm utuntur mensurâ : ce qui suppose évidemment que la Mesure, & par conséquent les valeurs des Notes, étoient connues & usitées avant lui. Ceux qui voudront rechercher plus en détail l’état où étoit cette partie de la Musique du tems de cet Auteur, pourront consulter son Traité manuscrit, intitulé : Speculum Musicae, qui est à la Bibliotheque du Roi de France, numéro 7207, page 280, & suivantes.

Les premiers qui donnerent aux Notes quelques regles de quantité, s’attacherent plus aux valeurs ou durées relatives de ces Notes qu’à la Mesure même ou au caractere du Mouvement ; de sorte qu’avant la distinction des différentes Mesures, il y avoir des Notes au moins de cinq valeurs différentes ; savoir, la Maxime, la Longue, la Breve, la semi-Breve & la Minime, que l’on petit voir à leurs mots. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’an trouvé toutes ces différentes valeurs, & même davantage, dans les manuscrits de Machault, sans y trouver jamais aucun signe de Mesure.

Dans la suite les rapports en valeur d’une de ces Notes à l’autre dépendirent du Tems, de la Prolation, du Mode. Par