Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/432

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cette origine du Mode mineur de différentes manieres, dont aucune n’a contenté son Interprete M. d’Alembert. C’est pourquoi M. d’Alembert fonde cette même origine sur un autre principe que je ne puis mieux exposer qu’en transcrivant les propres termes de ce grand Géometre.

"Dans le Chant ut mi sol qui constitue le Mode majeur, les Sons mi & sol sont tels que le Son principal ut les fait résonner tous deux ; mais le second Son mi ne fait point résonner sol qui n’est que sa Tierce mineure."

Or, imaginons qu’au lieu de ce Son mi on place entre les Sons ut & sol un autre Son qui ait, ainsi que le Son ut, la propriété de faire résonner sol, & qui soit pour tant différent d’ut ; ce Son qu’on cherche doit être tel qu’il ait pour Dix-septieme majeure le Son sol ou l’une des Octaves de sol : par conséquent le Son cherché doit être à la Dix-septieme majeure au-dessous de sol, ou, ce qui revient au même, à la Tierce majeure au-dessous de ce même Son sol. Or, le Son mi étant à la Tierce mineure au-dessous de sol, & la Tierce majeure étant d’un semi-Ton plus grande que la Tierce mineure, il s’ensuit que le Son qu’on cherche sera d’un semi-Ton bas que le mi, & sera par conséquent mi Bémol."

"Ce nouvel arrangement, ut, mi Bémol, sol, dans lequel les Sons ut & mi Bémol sont l’un & l’autre résonner sol, sans que ut fasse résonner mi Bémol, n’est pas, à la vérité, aussi parfait que le premier arrangement ut, mi, sol ; parce que dans celui-ci les deux Sons mi & sol sont l’un & l’autre engendrés par le Son principal ut, au