Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/435

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Cette regle n’est point, comme on pourroit le croire, établie sur des Principes purement arbitraires : elle a son fondement dans la génération harmonique, au moins jusqu’a certain point. Si vous donnez l’Accord parfait majeur à la Tonique, à la Dominante, & a la sous-Dominante, vous aurez tous les Sons de l’Echelle Diatonique pour le Mode majeur : pour avoir celle du Mode mineur, laissant toujours la Tierce majeure à la Dominante, donnez sa Tierce mineure aux deux autres Accords. Telle est l’analogie du Mode.

Comme ce mélange d’Accords majeurs & mineurs introduit en Mode mineur une fausse relation entre la sixieme Note & la Note sensible, on donne quelquefois, pour éviter cette fausse relation, la Tierce majeure à la quatrieme Note en montant, ou la Tierce mineure à la Dominante en descendant, sur-tout par renversement ; mais ce sont alors des exceptions.

Il n’y a proprement que deux Modes, comme on vient de le voir mais comme il y a douze Sons fondamentaux qui donnent autant de Tons dans le systême, & que chacun de ces Tons est susceptible du Mode majeur & du Mode mineur, on peut composer en vingt-quatre Modes ou manieres ; Maneries, disoient nos vieux Auteurs en leur Latin. Il y en a même trente-quatre possibles dans la maniere de Note : mais dans la pratique on en exclud dix, qui ne sont au fond que la répétition de dix autres, sous des relations beaucoup plus difficiles, où toutes les cordes changeroient de noms, & où l’on auroit peine à se reconnoître. Tels