Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/442

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faut remarquer que l’Hypo-Dorien étoit le seul Mode que exécutoit dans toute son étendue. : à mesure que les autres s’élevoient, on en retranchoit des Sons à l’aigu. pour ne pas excéder la portée de la Voix. Cette observation sert à l’intelligence de quelques passages des Anciens, par lesquels ils semblent dire que les Modes les plus graves avoient un Chant plus aigu ; ce qui étoit vrai, en ce que ces Chant s’élevoient davantage au-dessus de la Tonique. Pour n’avoir pas connu cela, le. Doni s’est furieusement embarrassé dans ces : apparentes, contradictions.

De tous ces Modes, Platon en rejettoit plusieurs, comme capables d’altérer les mœurs.

Aristoxène, au rapport d’Euclide., en admettoit seulement treize, supprimant les deux plus élevés ; savoir, l’Hyper-Eolien. & l’Hyper-Lydien. Mais dans l’ouvrage qui nous reste d’Arisloxène il en nomme seulement six, sur lesquels il rapporte les divers sentimens qui régnoient déjà de son tems.

Enfin Ptolomée réduisoit le nombre dé ces : Modes à sept ; disant. que les Modes n’étoient pas introduits dans le dessein de varier les Chants selon le grave & l’aigu ; car il est évident qu’on auroit pu les multiplier sort au-delà de quinze : mais plutôt afin de faciliter le passage d’un Mode à l’autre par des Intervalles consonnans & faciles à entonner.

Il renfermoit donc tous les Modes dans l’espace d’une Octave dont le Mode Dorien faisoit comme le centre : en sorte que le Mixo-Lydien étoit une Quarte au-dessous, & l’Hypo.-Dorien une Quarte au.- dessous ; le- Phrygien, une : Quinte : au-dessus de l-Hypo-Dorien ; l’Hypo-Phrygien, une