Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/462

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


les causes des impressions que peut faire leur succession sur l’oreille & sur l’ame.

La Musique pratique est l’Art d’appliquer & mettre en usage les principes de la spéculative ; c’est-à-dire, de conduire & disposer les Sons par rapport à la consonnance, à la durée, à la succession, de telle sorte que le tout produise sur l’oreille l’effet qu’on s’est proposé ; c’est cet Art qu’on appelle Composition. (Voyez ce mot.) À l’égard de la production actuelle des Sons par les Voix ou par les Instrumens, qu’on appelle Exécution, c’est la partie purement mécanique & opérative, qui, supposant seulement la faculté d’entonner juste les Intervalles, de marquer juste les durées, de donner aux Sons le degré prescrit dans le Ton, & la valeur prescrite dans le Tems, ne demande en rigueur d’autre connoissance que celle des caracteres de la Musique, & l’habitude de les exprimer.

La Musique spéculative se devise en deux parties ; savoir, la connoissance du rapport des Sons ou de leurs Intervalles, celle de leurs durées relatives ; c’est-à-dire, de la Mesure & du Tems.

La premiere est proprement celle que les Anciens ont appellée Musique harmonique. Elle enseigne en quoi consiste la nature du Chant & marque ce qui est consonnant, dissonant, agréable ou déplaisant dans la Modulation. Elle fait connoître, en un mot, les diverses manieres dont les Sons affectent l’oreille par leur timbre, par leur forcé, par leurs Intervalles ; ce qui s’applique également à leur Accord & à leur succession.