Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/465

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qu’elle a produits autrefois. Tant qu’on cherchera des effets moraux dans le seul physique des Sons, on ne les y trouvera point & l’on raisonnera sans s’entendre.

Les anciens écrivains diffèrent beaucoup entr’eux sur la nature, l’objet, l’étendue & les parties de la Musique. En général, ils donnoient a ce mot un sens beaucoup plus étendu que celui qui lui reste aujourd’hui. Non-seulement sous le nom de Musique ils comprenoient, comme on vient de le voir, la Danse, le Geste, la Poésie, mais même la collection de toutes les sciences. Hermès définit la Musique, la connoissance de l’ordre de toutes choses. C’étoit aussi la doctrine de l’école de Pythagore & de celle de Platon, qui enseignoient que tout dans l’Univers étoit Musique. Selon Hésychius, les Athéniens donnoient à tous les Arts le nom de Musique ; tout cela n’est plus étonnant depuis qu’un Musicien moderne a trouvé dans la Musique le principe de tous les rapports & le fondement de toutes les sciences.

De-là toutes ces Musiques sublimes dont nous parlent les Philosophes : Musique divine, Musique des hommes, Musique céleste, Musique terrestre, Musique active, Musique contemplative, Musique énonciative, intellective, oratoire, &c.

C’est sous ces vastes idées qu’il faut entendre plusieurs passages des Anciens sur la Musique, qui seroient inintelligibles dans le sens que nous donnons aujourd’hui à ce mot..

Il paroît que la Musique a été l’un des premiers Arts : on le trouvé mêlé parmi les plus anciens monumens du Genre Humain. Il est très-vraisemblable aussi que la Musique Vocale a été trouvée. avant l’Instrumentale, si même il y