Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/468

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Diodore perfectionna la Flûte & y ajouta de nouveaux trous & Timothée la Lyre, en y ajoutant une nouvelle corde ; ce qui le fit mettre à l’amende par les Lacédémoniens.

Comme les anciens Auteurs s’expliquent fort obscurément sur les inventeurs des Instrumens de Musique, ils sont aussi fort obscurs sur les Instrumens mêmes. À peine en connoissons-nous autre chose que les noms. (Voyez INSTRUMENT.)

La Musique étoit dans la plus grande estime chez divers Peuples de l’Antiquité, & principalement chez les Grecs, & cette estime étoit proportionnée à la puissance & aux effets surprenans qu’ils attribuoient à cet Art. Leurs Auteurs ne croient pas nous en donner urne trop grande idée, en nous disant qu’elle étoit en usage dans le Ciel, & qu’elle faisoit l’amusement principal, des Dieux & des ames des Bienheureux. Platon ne craint pas de dire qu’on ne peut faire de changement dans la Musique qui n’en soit un dans la constitution de l’Etat ; & il prétend qu’on peut assigner les Sons capables de faire naître la bassesse de l’ame, l’insolence & les vertus contraires. Aristote, qui semble n’avoir écrit sa politique que pour opposer ses sentimens à ceux de Platon, est pourtant d’accord avec lui touchant la puissance de la Musique sur les mœurs. Le judicieux Polybe nous dit que la Musique étoit nécessaire pour adoucir les mœurs des Arcades qui habitoient un pays où l’air est triste & froid ; que ceux de Cynete, qui négligerent la Musique, surpasserent en cruauté tous les Grecs, & qu’il n’y a point de Ville où l’on ait tant vu de crimes. Athénée nous assure