Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/487

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en usage. Il paroît que Boece établit l’usage de quinze lettres seulement, & Grégoire Evêque de Rome, considérant que les rapports des Sons sont les mêmes dans chaque Octave, réduit encore ces quinze Notes aux sept premieres lettres de l’Alphabet, que l’on répétoit en diverses formes d’une Octave à l’autre.

Enfin dans l’onzieme siecle un Bénédictin d’Arezzo ; nommé Gui, substitua à ces lettres des points posés sur différentes lignes paralleles, à chacune desquelles une lettre servoit de Clef. Dans la suite on grossit ces points, on s’avisa d’en poser aussi dans les espaces compris entre ces lignes, & l’on multiplia, selon le besoin, ces lignes & ces espaces. (Voyez PORTÉE.) À l’égard des noms donnés aux Notes, voyez SOLFIER.

Les Notes n’eurent, durant un certain tems, d’autre usage que de marquer les Degrés & les différences de l’Intonation. Elles étoient toutes, quant à la durée, d’égale valeur, & ne recevoient à cet égard d’autres différences que celles des syllabes longues & breves sur lesquelles on les chantoit : c’est à-peu-près dans cet état qu’est demeuré le Plain-Chant des Catholiques jusqu’à ce jour ; & la Musique des Pseaumes, chez les Protestans, est plus imparfaite encore ; puis qu’on n’y distingue pas même dans l’usage, les Longues des Breves ou les Rondes des Blanches, quoiqu’on y ait conservé ces deux figures.

Cette indistinction de figures dura, selon l’opinion commune, jusqu’en 1338, que Jean de Muris Docteur & Chanoine de Paris, donna, à ce qu’on prétend, différentes figures aux Notes, pour marquer les rapports de durée. qu’elles