Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/488

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devoient avoir entr’elles : il inventa aussi certains signes de Mesure appellés Modes ou Prolations, pour déterminer, dans le cours d’un Chant, si le rapport des Longues aux Breves seroit double ou triple, &c. Plusieurs de ces figures ne subsistent plus ; on leur en a substitué d’autres en différens tems. (Voy. MESURE, TEMS, VALEUR DES NOTES.) Voyez aussi au mot Musique, ce que j’ai dit de cette opinion.

Pour lire la Musique écrite par nos Notes, & la rendre exactement, il y a huit choses à considérer : savoir ; 1. La Clef & sa position. 2. Les Dièses ou Bémols qui peuvent l’accompagner.3. Le lieu ou la position de chaque Note. 4. Son Intervalle, c’est-à-dire, son rapport à celle qui précede, ou à la Tonique, ou à quelque Note fixe dont on ait le Ton :. 5. Sa figure, qui détermine sa valeur.

6. Le Tems où elle se trouvé & la place qu’elle y occupe. 7. Le Dièse, Bémol ou Béquarre accidentel qui peut la précéder. 8. L’espere de la Mesure & le caractere du Mouvement. Et tout cela, sans compter ni la parole ou la syllabe à laquelle appartient chaque Note, ni l’Accent ou l’expression convenable au sentiment ou à la pensée. Une seule de ces huit observations omise peut faire détonner ou chanter hors de Mesure.

La Musique a eu le sort des Arts qui ne se perfectionnent que lentement. Les inventeurs des Notes n’ont songé qu’à l’état où elle se trouvoit de leur tems, sans songer à celui où elle pouvoir parvenir,, &dans la suite leurs signes se sont trouvés d’autant plus défectueux que l’Art s’est plus perfectionné. À mesure qu’on avançoit, on établissoit de nouvelles regles pour remédier aux inconvéniens présens ; en multipliant