Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/509

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d’Eglise ; tels sont les Airs à danser, & ceux des Chansons. Mais comme partie essentielle de la Scene lyrique, dont l’objet principal est l’imitation, la Musique devient un des beaux Arts, capable de peindre tous les Tableaux, d’exciter tous les sentimens, de lutter avec la Poésie, de lui donner une forcé nouvelle, de l’embellir de nouveaux charmes, & d’en triompher en la couronnant.

Les Sons de la voix parlante n’étant ni soutenus ni Harmoniques sont inappréciables, & ne peuvent, par conséquent, s’allier agréablement avec ceux de la voix chantante & des Instrumens, au moins dans nos Langues, trop éloignées du caractere musical ; car on ne sauroit entendre les passages des Grecs sur leur maniere de réciter, qu’en supposant leur Langue tellement accentuée que les inflexions du discours dans la déclamation soutenue, formassent entr’elles des Intervalles musicaux & appréciables : ainsi l’on peut dire que leurs Pieces de Théâtre étoient des especes d’Opéra ; & c’est pour cela même qu’il ne pouvoir y avoir d’Opéra proprement dit parmi eux.

Par la difficulté d’unir le Chant au discours dans nos Langues, il est aisé de sentir que l’intervention de la Musique comme partie essentielle doit donner an Poeme lyrique un caractere différent de celui de la Tragédie & de la Comédie, & en faire une troisieme espece de Drame, qui a ses regles particulieres : mais ses différences ne peuvent se déterminer sans une parfaite connoissance de la partie ajoutée, des moyens de l’unir à la parole, & de ses relations naturelles avec le cœur humain : détails qui appartiennent moins à