Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/559

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même. Alors l’une des deux parties constitutives s’évanouit ; & le Chant se traînant, uniformément & sans aucune espece de Mesure de Notes en Notes presque égales, perdit avec sa marche rhythmique & cadencée toute l’énergie qu’il en recevoir. Il n’y eût plus que quelques Hymnes dans lesquelles, avec la Prosodie & la quantité des Pieds, conservés, on sentît encore un peu la cadence du vers ; mais ce ne fut plus-là le caractere général du Plain-Chant ; dégénéré le plus souvent en une Psalmodie toujours monotone & quelquefois ridicule, sur une Langue telle que la Latine, beaucoup moins harmonieuse & accentuée que la Langue Grecque.

Malgré ces pertes si grandes, si essentielles, le Plain-Chant conservé d’ailleurs par les Prêtres dans son caractere primitif, ainsi que tout ce qui est extérieur & cérémonie dans leur Eglise, offre encore aux connoisseurs de précieux fragmens de l’ancienne Mélodie & de ses divers Modes, autant qu’elle peut se faire sentir sans Mesure & sans Rhythme, & dans le seul Genre Diatonique qu’on peut dire n’être, dans sa pureté, que le Plain-Chant. Les divers Modes y conservent leurs deux distinctions principales ; l’une par la différence des Fondamentales ou Toniques, & l’autre par la différente position des deux semi-Tons, selon le Degré du systême Diatonique naturel où se trouvé la Fondamentale, & selon que le Mode Authentique ou Plagal représente les deux Tétracordes conjoints ou disjoints. (Voyez SYSTEMES, TÉTRACORDES, TONS DE L’EGLISE.)

Ces Modes, tels qu’ils nous ont été transmis dans les