Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/560

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anciens Chants Ecclésiastiques, y conservent une beauté de caractere & une variété d’affections bien sensibles aux connoisseurs non prévenus, & qui ont conservé quelque jugement d’oreille pour les systêmes mélodieux établis sur des principes differens des nôtres : mais on peut dire qu’il n’y a rien de plus ridicule & de plus plat que ces Plains-Chants accommodés à la moderne, pretintailliés des ornemens de notre Musique, & modulés sur les Cordes de nos Modes : comme si l’on pouvoit jamais marier notre systême harmonique avec celui des Modes anciens, qui est établi sur des principes tout différens. On doit savoir gré aux Evêques, Prévôts & Chantres qui s’opposent à ce barbare mélange, & desirer, pour le progrès & la perfection d’un Art, qui n’est pas, à beaucoup près, au point ou l’on croit l’avoir mis, que ces précieux restes de l’antiquité soient fidélement transmis a ceux : qui auront assez de talent & d’autorité pour en enrichir le systême moderne. Loin qu’on doive porter notre Musique dans le Plain-Chant, je suis persuadé qu’on gagneroit à transporter le Plain-Chant dans notre Musique ; mais il faudroit avoir pour cela beaucoup de goût, encore plus de savoir, & sur-tout être exempt de préjugés.

Le Plain-Chant ne se Note que sur quatre lignes, & l’on n’y emploie que deux Clefs, savoir la Clef d’ut & la Clef de fa ; qu’une seule Transposition, savoir un Bémol ; & que deux figures de Notes, savoir la Longue ou Quarrée à laquelle on ajoute quelquefois une queue, & la Breve qui est en losange.

Amboise, Archevêque de Milan, fut, à ce qu’en prétend,