Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/571

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PRELUDE, s. m. Morceau de Symphonie qui sert d’introduction & de préparation à une Piece de Musique. Ainsi les Ouvertures d’Opéra sont des Préludes ; comme aussi les Ritournelles qui sont assez souvent au commencement des Scenes ou Monologues.

Prélude est encore un trait de Chant qui passe par les principales Cordes du Ton, pour l’annoncer, pour vérifier si l’instrument est d’accord, &c. (Voyez l’Article suivant.)

PRÉLUDER, v. n. C’est en général chanter ou jouer quelque trait de fantaisie irrégulier & assez court, mais passant par les cordes essentielles du Ton, soit pour l’établir, soit pour disposer sa Voix ou bien poser sa main sur un Instrument, avant de commencer une Piece de Musique.

Mais sur l’Orgue & sur le Clavecin l’Art de Préluder est plus considérable. C’est composer & jouer impromptu des Pieces chargées de tout ce que la Composition a de plus savant en Dessein, en Fugue, en Imitation, en Modulation, en Harmonie. C’est sur-tout en Préludant, que les grands Musiciens, exempts de cet extrême asservissement aux regles que l’œil des critiques leur impose sur le papier, sont briller ces Transitions savantes qui ravissent les Auditeurs. C’est-là qu’il ne suffit pas d’être bon Compositeur ni de bien posséder son Clavier ni d’avoir la main bonne & bien exercée, mais qu’il faut encore abonder de ce feu de génie & de cet esprit inventif qui font trouver & traiter sur-le-champ les sujets les plus favorables à l’Harmonie & les plus flatteurs à l’oreille. C’est par ce grand Art de Préluder que brillent en France les excellens Organistes, tels que sent maintenant les Sieurs