Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/572

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Calviere & Daquin, surpassés toutefois l’un & l’autre par M. le Prince d’Ardore, Ambassadeur de Naples, lequel, pour la vivacité de l’invention & la force de l’exécution, efface les plus illustres Artistes, & fait a Paris l’admiration des connoisseurs.

PRÉPARATION, s. f. Acte de préparer la Dissonance. (Voyez PRÉPARER.)

PRÉPARER, v. a. Préparer la Dissonance, c’est la traiter dans l’Harmonie de maniere qu’a la faveur de ce qui précede, elle soit moins dure a l’oreille qu’elle ne seroit sans cette précaution : selon cette définition toute Dissonance veut être préparée. Mais lorsque pour Préparer une Dissonance, on exige que le Son qui la forme, ait fait consonnance auparavant, alors il n’y a fondamentalement qu’une seule Dissonance qui se Prépare ; savoir, la Septieme : encore cette Préparation n’est-elle point nécessaire dans l’Accord sensible, parce qu’alors la Dissonance étant caractéristique, & dans l’Accord & dans le Mode, est suffisamment annoncée ; que l’oreille s’y attend, la reconnoît, & ne se trompe ni sur l’Accord ni sur son progrès naturel. Mais lorsque la Septieme se fait entendre sur un Son fondamental qui n’est pas essentiel au Mode, on doit la Préparer pour prévenir toute équivoque, pour empêcher que l’oreille de l’écoutant ne s’égare ; & comme cet Accord de Septieme se renverse & se combine de plusieurs manieres, de-là naissent aussi diverses manieres apparentes de Préparer, qui, dans le fond, reviennent pourtant toujours à la même.

Il faut considérer trois choses dans la pratique des Dissonances ;