Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/573

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savoir, l’Accord qui précede la Dissonance, celui où elle se trouve, & celui qui la suit. La Préparation ne regarde que les deux premiers ; pour le troisieme, voyez Sauver.

Quand on veut Préparer réguliérement une Dissonance, il faut choisir pour arriver à son Accord une telle marche de Basse-fondamentale, que le Son qui forme la Dissonance, soit un prolongement dans le Tems fort d’une Consonnance frappée sur le Tems foible dans l’Accord précédent ; c’est ce qu’on appelle Syncoper. (Voyez SYNCOPE.)

De cette Préparation résultent deux avantages ; savoir, 1. Qu’il y a nécessairement liaison harmonique entre les deux Accords, puisque la Dissonance elle-même forme cette liaison ; & 2. Que cette Dissonance n’étant que le prolongement d’un Son consonnant, devient beaucoup moins duré à l’oreille, qu’elle ne le seroit sur un Son nouvellement frappe. Or c’est-là tout ce qu’on cherche dans la Préparation. (Voyez CADENCE, DISSONANCE, HARMONIE.)

On voit par ce que je viens de dire, qu’il n’y a aucune Partie destinée spécialement à Préparer la Dissonance, que celle même qui la fait entendre : de sorte que si le Dessus sonne la Dissonance, c’est à lui de syncoper ; mais si la Dissonance est à la Basse, il faut que la Basse syncope. Quoiqu’il n’y ait rien là que de très-simple, les Maîtres de Composition ont furieusement embrouillé tout cela.

Il y a des Dissonances qui ne se préparent jamais ; telle est la Sixte-ajoutée ; d’autres qui se préparent fort rarement ; telle est la Septieme-diminuée.