Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/617

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Comme les syllabes de la Langue Grecque avoient une quantité & des valeurs plus sensibles, plus déterminées que celles de notre Langue, & que les vers qu’on chantoit étoient composés d’un certain nombre de pieds que formoient ces syllabes, longues ou breves, différemment combinées, le Rhythme du Chant suivoit réguliérement la marche de ces pieds, & n’en étoit proprement que l’expression. Il se divisoit, ainsi qu’eux, en deux Tems, l’un frappé, autre levé ; l’on en comptoit trois Genres, même quatre & plus, selon les divers rapports de ces Tems. Ces Genres étoient l’Egal, qu’ils appelloient aussi Dactylique, où le Rhythme étoit divisé en deux Tems égaux ; le Double, Trochaïque ou Iambique, dans lequel la durée de l’un des deux Tems étoit double de celle de l’autre ; le Sesquialtère, qu’ils appelloient aussi Péonique, dont la durée de l’un des deux Tems étoit à celle de l’autre en rapport de 3 à 2 ; & enfin l’Epitrite, moins usité, où le rapport des deux Tems étoit de 3 à 4.

Les Tems de ces Rhythmes étoient susceptibles de plus ou moins de lenteur, par un plus grand ou moindre nombre de syllabes ou de Notes longues ou breves, selon le Mouvement, & dans ce sens, un Tems pouvoit recevoir jusqu’à huit degrés différens de Mouvement par le nombre des syllabes qui le composoient : mais les deux Tems conservoient toujours entr’eux le rapport déterminé par le Genre du Rhythme.

Outre cela, le Mouvement & la marche des syllabes, & par conséquent des Tems & du Rhythme qui en résultoit,