Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/630

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majeure, si elle doit monter, c’est moins par la regle de Sauver la Dissonance, que par celle de la marche Diatonique, & de préférer le plus court chemin ; & en effet il y a des cas, comme celui de la Cadence interrompue, où cette Note sensible ne monte point.

Dans les Accords par supposition, un même Accord fournit souvent deux Dissonances, comme la Septieme & la Neuvieme, la Neuvieme & la Quarte, &c. Alors ces Dissonances ont dû se préparer & doivent se Sauver toutes deux : c’est qu’il faut avoir égard à tout ce qui dissone, non-seulement sur la Basse-fondamental, mais aussi sur la Basse-continue.

SCENE, s. f. On distingue en Musique lyrique la Scene du Monologue, en ce qu’il n’y a qu’un seul Acteur dans le Monologue, & qu’il y a dans la Scenes au moins deux Interlocuteurs. Par conséquent dans le Monologue le caractere du Chant doit être un, du moins quant à la personne ; mais dans les Scenes le Chant doit avoir autant de caracteres différens qu’il y a d’Interlocuteurs. En effet, comme en parlant chacun garde toujours la même voix, le même accent, le même timbre, & communément le même style, dans toutes les choses qu’il dit ; chaque Acteur, dans les diverses passions qu’il exprime, doit toujours garder un caractere qui lui soit propre & qui le distingue d’un autre Acteur. La douleur d’un vieillard n’a pas le même ton que celle d’un jeune homme, la colore d’une femme a d’autres Accens que celle d’un guerrier ; un barbare ne dira point je vous aime comme un galant de profession. Il faut donc