Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/652

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& l’on voit sautiller les grains de fable qu’on jette sur la surface. Si la Corde se détend, ou que la cloche se fende, plus de frémissement, plus de Son. Si donc cette cloche ni cette Corde ne peuvent communiquer l’air que les mouvemens qu’elles ont elles-mêmes, on ne sauroit douter le Son produit par les vibrations du corps sonore, ne se propage par des vibrations semblables que ce corps communique à l’air.

Tout ceci supposé, examinons premiérement ce qui constitue le rapport des Sons du brave a l’aigu.

I. Théon de Smyrne dit que Lasus d’Hermione, de même que le Pythagoricien Hyppase de Métapont, pour calculer les rapports des Consonnances, s’étoient servis de deux vases semblables & résonnans à l’Unisso ; que laissant vide l’un des deux, & remplissant l’autre jusqu’au quart, la percussion de l’un & de l’autre avoit fait entendre la Consonnance de la Quarte ; que, remplissant ensuite les second jusqu’au tiers, puis jusqu’à la moitié, la percussion des deux avoit produit la Consonnance de la Quinte puis de l’Octave.

Pythagore, au rapport de Nicomaque & de Censorin, s’y étoit pris d’une autre maniere pour calculer les mêmes rapports. Il suspendit, disent-ils, aux mêmes Cordes sonores différens poids, & détermina les rapports des divers Sons sur ceux qu’il trouva entre les poids tendans : mais les calculs de Pythagore sont trop justes pour avoir été faits de cette maniere ; puisque chacun fait aujourd’hui, sur les expériences de Vincent Galilée, que les Sons sont entr’eux,