Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/655

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de ces Sons-là. Ces Sons accessoires accompagnent toujours un Son principal quelconque, mais quand ce Son principal est aigu, les autres y sont moins sensibles. On appelle ceux-ci les Harmoniques du Son principal : c’est par eux, selon M. Rameau, que tout Son est appréciable, & c’est en eux que lui & M. Tartini ont cherché le principe de toute Harmonie, mais par des routes directement contraires. (Voyez HARMONIE, SYSTêME.)

Une difficulté qui reste à expliquer dans la théorie du Son, est de savoir comment deux ou plusieurs Sons peuvent se faire entendre à la sois. Lorsqu’on entend, par exemple, les deux Sons de la Quinte dont l’un fait deux vibrations, tandis que l’autre en fait trois, on ne conçoit pas bien comment la même masse d’air peut fournir dans un même tems ces différens nombres de vibrations distincts l’un de l’autre, & bien moins encore lorsqu’il se fait ensemble plus de deux Sons & qu’ils sont tous dissonans entr’eux. Mengoli & les autres se tirent d’affaire par des comparaisons. Il en est, disent- ils, comme de deux pierres qu’on jette à la fois dans l’eau, & dont les différens cercles qu’elles produisent se croisent sans se confondre. M. de Mairan donne une explication plus philosophique. L’air, selon lui, est divisé en particules de diverses grandeurs, dont chacune est capable d’un Ton particulier & n’est susceptible d’aucun autre : de sorte qu’à chaque Son qui se forme, les particules d’air lui sont analogues s’ébranlent seules, elles & leurs Harmoniques, tandis que toutes les autres restent tranquilles jusqu’à ce qu’elles soient émues à leur tour par les Sons qui leur