Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/662

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des Son. appréciables, on trouvera 96 en tout, pour le plus grand nombre des Sons praticables dans notre sur un même Son fondamental.

On ne pourroit pas évaluer avec la même précision le nombre des Sons praticables dans l’ancienne Musique. Car les Grecs formoient, pour ainsi dire, autant de systêmes de Musique, qu’ils avoient de manieres différentes d’accorder leurs Tétracordes. Il paroît, par la lecture de leurs traités de Musique, que le nombre de ces manieres étoit grand & peut-être indéterminé. Or chaque Accord particulier changeoit les Sons de la moitié du systême, c’est-à-dire, des deux Cordes mobiles de chaque Tétracorde. Ainsi, l’on voit bien ce qu’ils avoient de Sons dans une seule maniere d’Accord ; mais on ne peut calculer au juste combien ce nombre se multiplioit dans tous les changemens de Genre Mode qui introduisoient de nouveaux Sons.

Par rapport à leurs Tétracordes, ils distinguoient les Sons en deux classes générales ; savoir, les Sons stables & fixes dont l’Accord ne changeoit jamais, & les Sons mobiles dont l’Accord changeoit avec l’espece du Genre. Les premiers étoient huit en tout, savoir-les deux extrêmes de chaque Tétracorde & la Corde Prostambanomene ; les seconds étoient aussi tout au moins au nombre de huit, quelquefois de neuf ou de dix, parce que deux Sons voisins quelquefois se confondoient en un, & quelquefois se séparoient.

Ils divisoient derechef, dans les Genres épais, les Sons stables en deux especes, dont l’une contenoit trois Sons appellés Apycni ou non-serrés, parce qu’ils ne formoient au grave