Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/784

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des Consonnances à l’identité de l’Unisson ; mais tous ceux qui, sans habitude de l’Harmonie, n’ont, si j’ose parler ainsi, nul préjugé dans l’oreille, portent un jugement contraire : l’Unisson seul plaît, ou tout au plus l’Octave ; tout autre Intervalle leur paroît discordant : d’où il s’ensuivroit, ce me semble, que l’Harmonie la plus naturelle, & par conséquent la meilleure, est à l’Unisson. (Voyez HARMONIE.)

C’est une observation connue de tous les Musiciens, que celle du frémissement & de la résonnance d’une Corde, au Son d’une autre Corde montée à l’Unisson de la premiere, ou même à son Octave, ou même à l’Octave de sa Quinte, &c.

Voici comme on explique ce phénomene.

Le Son d’une Corde À met l’air en mouvement. Si une autre Corde B se trouvé dans la sphere du mouvement de cet air, il agira sur elle. Chaque Corde n’est susceptible, dans un Tems donne que d’un certain nombre de Vibrations. Si les Vibrations, dont la Corde B est susceptible, sont égales en nombre à celles de la Corde A, l’air ébranlé par l’une agissant sur l’autre, & la trouvant disposée à un mouvement semblable à celui qu’il a reçu, le lui communique. Les deux Cordes marchant ainsi de pas égal, toutes les impulsions que l’air reçoit de la Corde A, & qu’il communique à la Corde B, sont coincidentes avec les Vibrations de cette Corde, & par conséquent augmenteront son mouvement loin de le contrarier : ce mouvement, ainsi successivement augmenté, ira bientôt jusqu’à un frémissement sensible. Alors la Corde B rendra du Son ; car toute Corde