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La Monongahéla

l’ile du Massacre parce qu’on y avait trouvé des ossements, endroit qui devint insensiblement le quartier-général de la colonie.

Les compagnons du grand marin venaient pour la plupart du Canada et étaient, par conséquent, diocésains de l’évêque de Québec, puisqu’on regardait alors cet immense pays comme faisant partie de la Nouvelle-France. M. de Montigny et quelque prêtres du séminaire des missions étrangères y furent envoyés de Québec.

Le pays des Illinois offrait une étape entre Québec et ce pays. Quelques missionnaires jésuites s’étaient établis depuis quelques années parmi ce peuple, et quel peuple ! quand ils y pénétrèrent pour la première fois. Charlevoix nous en a laissé une triste peinture. « Ils ont toujours eu assez de douceur et de docilité, dit-il ; mais ils étaient lâches, traîtres, légers, fourbes, voleurs et brutaux, sans honneur, sans foi, intéressés, adonnés à la gourmandise et à la plus monstrueuse impudicité, presque inconnue aux sauvages du Canada ; aussi en étaient-ils méprisés. Ils n’étaient pas moins fiers, ni moins prévenus en leur faveur. »

Eh bien ! la religion chrétienne changea ces hommes en peu d’années, et cette tribu, comme la nation abénaquise, fut toujours la fidèle alliée de la France.

Cependant, la Louisiane, vers cette époque, était encore assez faible, puisqu’elle ne comptait que deux