Page:Rousseau - La Monongahéla, 1890.djvu/228

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
230
La Monongahéla

Telles sont en résumé les nouvelles que M. de Contrecœur apprit par MM. de la Pérade, Daniel de St-Denis et Nicolas de Neuville, envoyés en éclaireurs, lesquels servaient en qualité de volontaires au fort Duquesne.

— Eh bien ! messieurs, disait le commandant aux officiers du fort réunis en conseil de guerre, nous allons nous préparer à recevoir le mieux possible ces Anglais. Car ce serait vous faire injure, n’est-ce pas ? de penser un seul instant que vous désespérez de la position ?

— Certes ! fit Nicolas de Neuville en relevant sa tête dédaigneuse.

— Messieurs, la discussion est ouverte : chacun peut émettre son avis. Quel est le vôtre, M. de St-Denis ?

— Puisque vous me faites l’honneur de me demander mon avis, commandant, je crois que nous devons aller attendre l’ennemi sur les hauteurs de la Monongahéla.

— Et vous, M. de Beaujeu ?[1]

— J’allais émettre la même opinion, répondit celui-ci.

— Et je la partage entièrement, cette opinion, reprit M. de Contrecœur.

  1. Daniel Léonard Villemonble de Beaujeu.