Page:Rousseau - La Monongahéla, 1890.djvu/92

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
94
La Monongahéla

ville en souriant ; mais rassurez-vous, je respecte vos secrets et je ne vous les demande point.

— Mon commandant !…

— Donc, c’est entendu ! interrompit le marin.

— Dois-je vous quitter bientôt, mon commandant ? fit Nicolas.

— Les adieux les plus courts sont les moins douloureux, mes jeunes amis. Ce soir même vous irez vous mettre aux ordres de M. de Subercase, de Neuville. Votre ami vous accompagnera, je lui donne permission de onze heures.

Les deux officiers se levèrent pour prendre congé.

— À propos, j’oubliais de vous prévenir, de Neuville, reprit le commandant. Comme je passe directement en France, je dispose de cinquante de mes Canadiens en faveur de M. de Subercase. Ils vous rejoindront dans le cours de la soirée sous la conduite de Gaspard Bertrand par qui je vous transmettrai mes dernières instructions.

— Et maintenant, mon cher de Neuville, ajouta le marin en se levant, comme le sort des armes est toujours incertain, la mer trompeuse, et que je ne sais moi-même si je reviendrai au pays, donnez-moi la main et recevez tous vœux. J’aime à vous rendre le témoignage que depuis que vous servez sous mes ordres, je vous ai toujours trouvé brave, discipliné et généreux. Que Dieu vous protège !… M. de St-