Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/74

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XI

LE REFUS


Le lendemain matin quand Claire entra dans le cabinet de travail de son père, elle le trouva de joyeuse humeur et lisant un billet que venait de lui remettre un domestique à la livrée de Bigot.

La jeune fille était un peu pâle, elle avait le visage amaigri par la fatigue morale, mais ses yeux brillaient d’un éclat extraordinaire et son air grave faisait présager qu’elle avait pris une décision sérieuse.

— Tiens, ma fille, fit M. de Godefroy, voilà qui te concerne.

— Quoi, mon père ?

— C’est une lettre de M. Bigot qui… mais lis plutôt, ce sera plus court.

La jeune fille prit la lettre d’une main tremblante et elle lut :


« Mon cher beau-père, »

« Pardonnez-moi cette façon un peu vulgaire de m’exprimer, mais vous ne sauriez croire combien ce titre que je vous donne par anticipation flatte agréablement mon oreille.