Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/149

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Soudain, accompagné du plus terrible fracas, un aveuglant zigzag de feu sillonna le ciel entier pour aboutir à la pointe du paratonnerre. Djizmé, dont les bras venaient de se tendre vers Naïr, ne put achever son geste ; la foudre avait traversé son corps, et la couche blanche ne soutenait plus maintenant qu’un cadavre aux yeux grands ouverts et aux membres inertes.

Pendant le court silence observé par l’orage après l’assourdissant éclat du tonnerre, d’affreux sanglots attirèrent l’attention vers Naïr, qui répandait des larmes d’angoisse en regardant toujours la morte.

Les porteurs enlevèrent l’appareil sans déranger le corps de Djizmé, puis on attendit dans une stupeur douloureuse l’apaisement graduel des éléments.

Le vent chassait toujours les nuages vers le sud, et le tonnerre s’éloignait rapidement, perdant à chaque minute une partie de sa force et de sa durée. Peu à peu le ciel se dégagea largement et un splendide clair de lune brilla sur Éjur.