Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/264

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velles cajoleries, parvint à replacer le billet dans le pagne de la favorite.

Blessé dans son amour-propre et furieux à la pensée que depuis longtemps déjà il était la risée de tous, Mossem chercha le moyen d’obtenir une preuve flagrante contre les deux complices, qu’il voulait châtier sévèrement.

Il élabora tout un plan et se rendit auprès de Séil-kor, qui, à cette époque, servait déjà l’empereur depuis plusieurs années et pouvait, la nuit, ressembler à Naïr grâce à une parfaite conformité d’âge et de tournure.

Voici quel était le projet de Mossem :

Coiffé du melon qui servirait à donner le change, Séil-kor apparaîtrait à Djizmé dans le sentier clairement désigné par les termes du billet. Avant de commencer son ascension, le faux Naïr tracerait sur le chapeau, avec un enduit frais et gluant, certains caractères définis. Djizmé, suivant sa manie, ne pouvait manquer de se ganter pour passer la soirée avec l’empereur ; dans le geste prudent qui selon les instructions de la lettre devait précéder le baiser, la favorite s’accuserait elle-même en imprimant sur la peau de Suède un des caractères révélateurs.

Séil-kor accepta la mission. Un refus était d’ailleurs impossible, car Mossem, tout-puissant, pouvait commander.