Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/282

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sort à son tour et s’assit chaque jour devant la table de roulette.

Une malchance persistante lui fit perdre jusqu’à son dernier louis.

Elle eut alors recours à Angélique, et la vieille, flairant une bonne affaire, prêta de suite à un taux usuraire une somme assez ronde, garantie par les bijoux et le mobilier, qui désormais constituaient le seul avoir de l’emprunteuse.

Hélas ! le jeu emporta rapidement ce nouveau capital.

Un jour, installée devant le tapis vert, Flore, agitée et nerveuse, risquait ses dernières pièces d’or. Quelques coups suffirent à consommer sa ruine. Atterrée, la malheureuse, voyant dans un éclair ses bijoux vendus et ses meubles saisis, fut soudain hantée par des idées de suicide.

À ce moment un grand bruit se fit entendre à la porte de l’établissement clandestin, et quelqu’un entra en criant : « La police ! »

Une panique s’empara des assistants, dont quelques-uns ouvrirent les fenêtres comme pour chercher une issue. Mais quatre étages séparaient le balcon de la rue et rendaient toute fuite impossible.

Bientôt la porte fut forcée, et une dizaine d’agents en bourgeois envahirent l’antichambre pour pénétrer ensuite dans la salle.

L’affolement général avait porté à son comble