Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/361

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Il chercha le moyen d’imiter avec élégance les piquants de pierre tortus et irréguliers.

Certain frou-frou hanta dès lors sa mémoire, et il eut présente à l’esprit la robe choisie par Adinolfa pour inaugurer la scène des Incomparables.

Il chargea Sirdah de demander à la tragédienne quelques-unes des plus grosses aiguilles de jais cousues à la soie.

Adinolfa mit généreusement la robe entière à sa disposition, et la moisson fut aisée sur la jupe et sur le corsage abondamment garnis.

Une faible quantité de ciment, empruntée à l’un des ouvriers de Chènevillot, forma une couche mince étendue régulièrement, sur un fragment de tapis. Bientôt cent aiguilles de jais, plantées en dix rangées pareilles dans la substance encore molle mais prompte à se solidifier, dressèrent verticalement leurs pointes fines et menaçantes.

Pour donner plus d’intérêt à l’exhibition du bloc gélatineux, Fogar voulait fixer une proie à chacune des ventouses terminant les trois tiges tournantes, dont la force musculaire et la vitesse d’évolution seraient ainsi mieux soulignées.

Sur sa demande, la famille Boucharessas promit le concours de trois chats savants, qui en resteraient quittes pour un étourdissement passager.