Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/363

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poussant la complaisance jusqu’à faire fonctionner devant lui son orchestre automatique.

Fogar resta pétrifié devant les divers organes dont la mise en marche produisait des flots d’harmonie nourris et variés.

Un détail, cependant, l’étonnait par une pauvreté relative, et, grâce à l’intervention de Sirdah, qui était présente, il put demander à Bex différentes explications.

Il se sentait surpris en voyant chaque corde impuissante à produire plus d’un son à la fois. D’après lui, certains rongeurs, hôtes d’une portion spéciale du Béhuliphruen, portaient une sorte de crinière, dont chaque poil, suffisamment tendu, engendrait sous un frottement quelconque deux notes simultanées et distinctes.

Bex refusa d’admettre un pareil conte et, tout en haussant les épaules, se laissa entraîner par Fogar, qui, sûr de son fait, voulut le conduire vers le repaire des rongeurs en question.

Aux côtés de son guide, le chimiste s’aventura dans les profondeurs du Béhuliphruen et parvint sur un lieu criblé de trous en forme de terriers.

Fogar s’arrêta, puis dédia soudain à Bex une étonnante mimique, traçant du doigt plusieurs zigzags d’éclairs et imitant avec son gosier les roulements du tonnerre.