Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/373

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à entrer prochainement dans sa période de réceptivité lumineuse, le jeune homme s’occupa de préparer à l’avance quelque ensemble de visions dignes de retenir un moment l’attention.

Peu de jours avant, en retraversant le Béhuliphruen avec sa provision complète de terre végétale, Fogar avait découvert Juillard installé sous d’épais ombrages.

Le travailleur s’était mis à sa place favorite, ― là même où Adinolfa l’avait déjà surpris penché sur d’anciens journaux illustrés.

Cette fois, adonné à des recherches d’un nouveau genre, Juillard feuilletait un précieux in-folio enrichi de gravures orientales somptueusement coloriées.

Après s’être distrait pendant quelques instants en admirant les pages éblouissantes, Fogar avait poursuivi son chemin sans même éveiller l’attention du penseur profondément absorbé.

Maintenant, le livre, hantant son souvenir, lui semblait fait pour réaliser ses projets.

À l’insu de Juillard il s’empara du luxueux ouvrage. Les enluminures contemplées à loisir ayant éveillé sa curiosité, il vint trouver Sirdah pour connaître le sens du récit.

La jeune fille se fit lire par Carmichaël le texte peu touffu et put donner à son frère le résumé suivant d’un conte arabe intitulé : Le Poète et la Moresque.