Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/420

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caractères mensongers tracés jadis par lui-même sur l’acte mortuaire de Sirdah.

Rul périrait sous la piqûre des longues épingles d’or qui depuis tant d’années ornaient sa chevelure ; les pointes perceraient sa chair à travers les œillets du corset rouge, maintenant réduit à l’état de loque par un trop long usage.

Pour Djizmé, l’empereur, dont l’imagination était à bout de ressources, nous demandait l’indication de quelque supplice en usage dans nos pays. Chènevillot eut alors une pensée qui, en évitant toute souffrance à la condamnée, avait en outre l’avantage de reculer sa mort à une date peut-être lointaine. Parmi ses fournitures, l’architecte possédait un paratonnerre du plus récent modèle, qu’il destinait au château du baron Ballesteros. Il était facile, au prochain orage suffisamment direct, de mettre Djizmé en contact avec le fil conducteur de l’appareil et de la faire ainsi électrocuter par les nuages. Or le mauvais temps était rare à Éjur, et quelque événement imprévu, capable de délivrer l’infortunée, pouvait fort bien précéder le premier éclat de foudre à venir.

L’industrieux Naïr devait avoir la vie sauve à cause des pièges si utiles qu’il fabriquait en vue de détruire les moustiques. Mais, pour l’auteur du billet illustré adressé à Djizmé, la simple captivité exempte de tourments constituant, paraît-il,