Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/453

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Le 25 juin, dès deux heures de l’après-midi, chacun se mit au point pour la grande solennité.

Une burette appelée à représenter la sainte ampoule fut extraite d’un huilier du Lyncée, puis placée sur l’autel à l’usage de Talou, auquel Juillard avait appris la manière de se graisser le front.

Près du flacon l’on campa debout une large feuille de parchemin, sorte de bulle qui, dictée à Rao par l’empereur, synthétisait une solennelle proclamation.

Balbet, ayant imaginé une épreuve de tir inédite, piqua en terre, à droite de l’autel, un large pieu taillé par un ouvrier de Chènevillot ; derrière, dressé dans l’axe voulu, un tronc de sycomore offrait une surface restreinte qui, verticalement aplanie par ordre de l’architecte, devait arrêter les balles sans risques de fâcheux contre-coups.

Sur le faîte du pieu l’illustre tireur posa un œuf mollet dont le maître-coq, d’après sa recommandation, avait soigneusement réglé la cuisson de manière à solidifier le blanc sans détruire en rien la souplesse du jaune.