Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/69

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devanciers. L’étage suivant, plus exigu, comptait deux crayons, surmontés eux-mêmes du dixième et dernier, placé solitairement au sommet de l’échafaudage à façade triangulaire.

D’avance Bex avait calé l’ensemble avec deux lourdes pierres extraites de ses poches.

C’est d’après un ordre et un choix soigneusement déterminés que le chimiste avait empilé tous les cylindres, s’appliquant à reconnaître chacun d’eux par certaine marque spéciale gravée en un point du pourtour.

Les capuchons de métal tendaient tous leur pointe vers la patience lointaine, qui servait de cible aux dix crayons géants, braqués ainsi que des fûts de canons.

Avant de continuer l’expérience, Bex ôta ses boutons de manchettes, composés de quatre olives d’or ; prenant ensuite dans ses vêtements sa montre, son porte-monnaie et ses clés, il remit le tout à Balbet, qui promit de veiller sur le brillant dépôt.

Revenu à son poste et courbé devant l’amas de cylindres, Bex prit à pleine main un large anneau fixé à la pointe du plus haut protège-mine.

Une légère traction, opérée à reculons, suffit à faire glisser le capuchon de métal qui, bientôt, vint tomber comme un balancier contre les jambes du chimiste.