Page:Roussin - Une campagne sur les côtes du Japon, 1866.djvu/68

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tat, la plus vive émotion s’était répandue dans la ville. Pendant que plusieurs personnes allaient chercher le cadavre du malheureux Richardson, les résidents, assemblés en meeting, et ayant parmi eux des consuls et même des chefs de légation, proposèrent de rassembler les troupes présentes dans la ville et à bord des navires de guerre, et de les envoyer attaquer, à la tombée de la nuit, le cortége du prince dispersé dans les auberges du Tokaïdo ; l’occasion s’offrait de venger aussitôt l’insulte et d’assurer, par un exemple salutaire, la sécurité à venir. Les autorités françaises offrirent leur concours dans ces circonstances où l’intérêt commun était en jeu ; une députation se présenta à bord de la frégate l’Euryalus, sur laquelle le contre-amiral Kuper était arrivé depuis peu en rade. Le ministre d’Angleterre arrêta cet élan ; il fit valoir des considérations de prudence, le peu de forces dont on disposait, les conséquences graves que pourrait avoir une opération militaire. Bref, rien ne fut fait. Le prince, prévenu vers huit du soir par le gouverneur de Yokohama des dispositions hostiles des Européens, quitta ses logements et reprit sa route en toute hâte.

Le gouvernement du Taïcoun, mis en demeure de poursuivre et de punir les assassins, répondit évasivement : Shimadzo était déjà loin, et il était impossible de savoir quels étaient, parmi ses officiers,