Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/10

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d’autres, & donne naissance à différens symptômes, tels que les lassitudes après l’exercice le plus léger, les douleurs vagues dans toutes les extrémités, les douleurs & les pesanteurs de tête, le sommeil lourd & profond, peu d’aptitude au travail, un dégoût universel, enfin un abattement considérable dans les forces.

Les causes qui peuvent déterminer ces dérangemens, prêts à en produire de plus grands encore, sont physiques ou morales. Les causes physiques sont l’intempérance dans le boire & dans le manger par la quantité ou par la qualité, la répercussion de la sueur, de quelques maladies de la peau, ou bien encore quelques évacuations supprimées par quelque moyen que ce soit.

Les causes morales sont le chagrin, & toutes les passions portées à l’excès.

Si l’on administroit des secours aussitôt que ces symptômes se font appercevoir, il seroit possible de détourner les maladies terribles, prêtes à sévir, ou du moins d’en diminuer les dangers. Instruit de la cause qui a donné naissance au dérangement de la santé, c’est sur cette cause qu’il faut diriger tous les secours. Si la transpiration, cause la plus commune de toutes les maladies, a été interceptée, il faut faire usage des sudorifiques. (Voyez ce mot) Si des maladies de la peau ont été indiscrétement répercutées, il faut les faire reparoître. (Voyez l’article Peau, pour les maladies de cette partie.) Il faut porter la même attention à toutes les causes déterminantes, & faire usage des moyens proportionnés à leur espèce. Si l’estomac est dérangé par des indigestions répétées & accompagnées d’amertume, un vomitif sagement donné, prévient des maladies que les purgatifs ne font qu’accélérer. (Voyez le mot Vomitif, pour la manière de l’administrer, & pour la connoissance des cas qui exigent son usage.)

Nous ne pouvons mieux finir cet article, qu’en citant cet adage si connu & si peu observé : Opposez-vous aux commencemens, de peur que les secours ne deviennent infructueux. M. B.


Abattement, Médecine vétérinaire. La cause & les effets de cette disposition à la maladie sont, dans les animaux, à peu près les mêmes que dans l’homme. L’animal a les yeux larmoyans, la tête pesante, les oreilles basses, le poil hérissé & terne. S’il mange peu, il ne faut pas confondre son état avec celui qui résulte du dégoût. L’abattement est, jusqu’à un certain point, une inaction & comme une suspension des fonctions vitales, au lieu que le dégoût n’est qu’une suite de l’abattement. Le dégoût, (voyez ce mot) la perte d’appétit, l’inappétence dérivent communément de la dépravation des humeurs contenues dans les premières voies, de la présence de quelques substances ou odeurs désagréables, & quelquefois enfin lorsqu’on a exigé de l’animal un travail qui excédoit ses forces. L’abattement ne doit pas encore être pris pour l’état de foiblesse à la suite d’une longue maladie. Cette foiblesse tient plutôt à l’épuisement qu’à l’abattement,