Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/109

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que pour les préserver du froid, il faut les clorre exactement, & rompre toute communication entre l’air intérieur & l’extérieur qui est trop rude. Après l’hiver, elles sont très-étonnées de trouver la table de la ruche couverte d’abeilles mortes ; elles attribuent au froid la cause de leur mort, tandis qu’elles les ont fait périr en les étouffant. Il est sans doute très-nécessaire de les préserver du froid ; mais il faut en même tems prendre garde de ne pas les étouffer, en voulant les tenir chaudement.

Pour mieux faciliter la circulation de l’air & la sortie des vapeurs de la ruche, bien des personnes sont dans l’usage, après avoir mis le grillage à l’entrée, de faire encore au sommet de la ruche un trou d’un pouce au moins de diamètre, qu’on ferme ensuite avec un bouchon de liège très-poreux, ou avec un gros linge d’un tissu bien serré qu’on colle par-dessus, ou qu’on attache avec de petits cloux. D’autres soulèvent d’une ligne ou deux, les ruches de dessus la table, & mettent par-dessous de petites cales de bois pour la tenir élevée. Toutes ces précautions sont utiles pour donner de l’air aux abeilles, dont le renouvellement leur est si nécessaire dans une saison où elles ne peuvent point respirer l’air extérieur. On doit cependant avoir attention de ne pas trop soulever les ruches, afin de ne point ouvrir de portes aux souris. Lorsque les ruches sont en plein air, le grillage suffit : si on les soulevoit, on refroidiroit trop les abeilles ; ce moyen n’est praticable que quand elles sont placées sous un rucher, ou dans quelque endroit fermé.


Section III.

Des différens moyens qu’on peut employer pour préserver les Ruches du froid, quand on n’a point de Rucher.


En donnant de l’air aux abeilles, il faut leur procurer une douce chaleur, qui, sans les rendre actives, modère cependant assez la rigueur du froid, pour qu’elles ne s’engourdissent pas à un point qu’il les fasse mourir. Afin d’user de sages précautions à ce sujet, il est essentiel de connoître la qualité des ruches, c’est-à-dire leur force & leur foiblesse. Une ruche bien peuplée, & qui a d’abondantes provisions, a moins besoin d’être précautionnée contre la rigueur de l’hiver, qu’une autre peu peuplée & mal fournie en provisions : la ruche qui contient beaucoup de mouches, & qui renferme une quantité assez considérable de gâteaux, est moins vaste : les insectes qui l’habitent y sont donc plus chaudement que s’ils étoient en petit nombre dans un logement où il n’y auroit que très-peu de rayons.

À l’entrée de l’hiver, on peut mettre dans une serre ou vinée, ou dans tout autre endroit fermé, les ruches qui, dans le courant de l’année, sont placées dans les jardins ou ailleurs : celles qui sont fortes ne demandent pas d’autres soins ; leur grand nombre entretient dans la ruche assez de chaleur pour qu’elles ne soient pas trop engourdies par le froid. Il ne suffit pas de renfermer simplement celles qui sont foibles : quoique l’air d’un endroit clos