Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/195

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pays où les animaux n’ont pour se désaltérer que des mares bourbeuses. En traitant cet article, cette objection sera discutée.

Abreuvoir des arbres. C’est une altération occasionnée par l’effet des fortes gelées qui fait fendre les arbres dans la direction de leurs fibres ligneuses. Si cette fente se manifeste à l’extérieur, ce n’est ordinairement que par la proéminence de l’écorce. L’arbre a beau grossir, les fentes ne se remplissent plus, & on trouve même quelquefois une portion du bois morte intérieurement. Dans les arbres, la substance qui forme le bois, une fois entamée & endommagée, ne se régénère plus. Il en est ainsi dans l’homme pour les portions charnues. Dans ceux-là, l’écorce recouvre seule les plaies, & la peau seule dans l’homme revêt le vuide laissé par le dépérissement des chairs. Il est très-démontré aujourd’hui qu’il ne se fait aucune régénération dans l’un ni dans l’autre cas. Ce qui est mort ou détruit, l’est pour toujours. Comme ce sujet a un rapport direct avec la gélivure des arbres, on en parlera plus au long dans cet article, & il ne faut pas confondre l’abreuvoir avec la gouttière des arbres.


ABRI, ABRIER, ABRITER : ces mots sont synonymes ; le premier & le dernier sont les plus usités. Tout endroit à couvert de la pluie & des rayons du soleil, & où l’air a la liberté de circuler, est un abri : ainsi l’amphithéâtre sur les gradins duquel le fleuriste range ses pots d’oreille d’ours, d’œuillets, &c., est un abri.

Ce mot présente un autre sens lorsqu’il s’agit de jardinage. Ici l’abri est un lieu où les plantes sont garanties des pluies froides, des vents glacés, & de toutes les impressions fâcheuses & trop ordinaires dans l’arrière-saison. C’est sous la sauvegarde de ces abris que le jardinier plante pendant l’automne les laitues qu’il desire couper de bonne heure, &c.


ABRICOT, ABRICOTIER.


Plan du Travail sur l’Abricotier.


Chap. I. Description du genre.
Chap. II. Description des espèces.
Chap. III. Des semis, greffes & soins que demande l’abricotier dans la pépinière.


CHAPITRE PREMIER.


Les premiers plants furent apportés d’Arménie en Grèce, d’où ils passèrent en Italie, & successivement dans le reste de l’Europe. Quel est le vrai pays natal de cet arbre ? On l’ignore ; on peut cependant soupçonner qu’il vient des régions septentrionales de l’Asie, puisqu’on a découvert une espèce d’abricotier en Sibérie, avec laquelle il a beaucoup de rapport. Malgré cette ressemblance, il répugne à penser que l’abricotier de Sibérie soit le type de celui d’Arménie. Cet arbre craindroit moins le froid dans nos climats, froid qu’on ne sauroit comparer à celui de ce pays. Pour ne pas faire ici des répétitions inutiles, voyez au mot Espèce en quoi consiste la différence de l’espèce connue pour telle par les botanistes, & qu’on doit appeler espèce de Botaniste, & l’espèce regardée comme telle par les jardiniers, que