Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/265

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rieurement, sont résolutives. Les anciens recommandoient les semences pour dissoudre les calculs, expulser les graviers contenus dans la vessie, dans la fureur utérine, le satyriasis, la perte involontaire de semence, la suspension du flux menstruel, & recommandoient surtout l’usage de cette plante aux personnes vouées au célibat. Toutes ces prétendues propriétés sont dénuées de fondement ; il vaut mieux cultiver cet arbrisseau pour l’agrément d’un jardin, que pour la médecine.

Cet arbrisseau se multiplie de graine, & est très-lent à croître. Les marcotes & les boutures sont préférables à tous égards, & on gagne du tems. Il craint la gelée dans les provinces du nord. Il exige l’orangerie.


AGRICULTURE. C’est l’art de cultiver la terre, de la fertiliser, & de lui faire produire les grains, les fruits, les plantes & les arbres qui servent aux besoins de l’homme. À cette définition, on doit ajouter qu’elle embrasse encore l’art de multiplier & de veiller à la conservation des animaux utiles ; enfin c’est le premier, le plus étendu & le plus essentiel de tous les arts.


Plan du Travail sur l’Agriculture.
PREMIÈRE PARTIE.
Des objets relatifs à l’agriculture.
DEUXIÈME PARTIE.
Considérations sur l’agriculture de quelques peuples.
CHAP. I. De ce que les Romains ont fait pour l’agriculture.
CHAP. II. Les vues des Romains, relativement à l’agriculture, étoient-elles liées avec les vues politiques du gouvernement ?
CHAP. III. En quoi consistoit l’agriculture des Romains.
TROISIÈME PARTIE.
Vues générales sur l’agriculture du royaume de France.
CHAP. I. Des circonstances morales.
CHAP. II. Des circonstances physiques.
Sect. I. Des grands bassins.
Sect. II. Des petits bassins.
CHAP. III. Observations sur les abris & sur les climats.
QUATRIÈME PARTIE.
Préceptes généraux des anciens sur l’agriculture.


PREMIÈRE PARTIE.

Des objets relatifs à l’Agriculture.


Il convient, en commençant cet article, de rapporter ce que Columelle disoit aux romains ses compatriotes : « Je ne pense pas qu’on doive attribuer les disettes qu’on éprouve à l’intempérie de l’air, mais plutôt à notre faute. Nous avons abandonné le soin de nos terres (comme si elles étoient, à notre égard, coupables de quelques grands crimes) à de vils esclaves ou à des mercenaires, tandis que nos ancêtres se glorifioient de les faire valoir par eux-mêmes. Rien n’est égal à ma surprise, quand je considère, d’un côté, que ceux qui veulent apprendre à bien parler, choisissent un orateur dont l’éloquence puisse leur servir de modèle : ceux qui desirent s’appliquer à la danse, à la musique & à tous les arts frivoles, cherchent avidement un maître de chant, un maître de graces ; en un mot, chacun choisit