Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/30

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du pénis, deux nerfs très-apparens ; qui s’unissent aux vésicules séminales par plusieurs ramifications, qui servent au mouvement de ces parties, & à l’émission de la liqueur séminale. Tout auprès de ces nerfs, sont deux ligamens, dont l’usage est de retenir en situation l’organe de la génération : le pénis lui-même est composé de plusieurs parties : lorsque ces organes sortent en dehors, ils se retournent comme un gant qu’on tire de la main, en ramenant l’ouverture sur les doigts, de sorte que les parties intérieures deviennent extérieures. Le pénis, ou cette partie qui est introduite dans la vulve de la femelle, est recourbée en forme d’arc sur le dos de l’animal dans le moment de l’accouplement.


Section III.

De l’emploi des Faux-Bourdons.


Les faux-bourdons n’ont pas d’autre occupation dans la ruche, que de répondre aux empressemens d’une reine qui les recherche avec ardeur, pour leur faire partager ses plaisirs. Quoiqu’ils soient amplement pourvus des organes qui caractérisent le sexe des mâles, l’approche de la femelle les excite difficilement ; ce n’est qu’à force de caresses, de sollicitations, qu’elle parvient à les faire consentir à ses desirs amoureux ; leur humeur indolente ne se rend qu’après bien des attaques ; leur bonheur ne dure qu’un instant ; la mort, qui lui succède, est le terme & la suite de leur jouissance. Ils passent leur vie dans une parfaite oisiveté ; ils ne sortent de leur habitation que vers les dix à onze heures du matin, pour faire quelques courses, qui ne sont que des promenades de plaisir, où ils prennent de l’appétit, pour aller dévorer ensuite à leur aise le miel que les ouvrières déposent dans les alvéoles, & ils rentrent toujours de bonne heure. Ils ne rapportent jamais aucune espèce de provisions, ils ne sont employés à aucune sorte d’ouvrages : comment s’en acquitteroient-ils, puisque la nature leur a refusé les organes propres aux travaux des ouvrières ? Leurs dents, trop courtes pour briser les capsules du sommet des étamines des fleurs, ne sont pas assez saillantes pour construire les alvéoles ; leur trompe ramasse difficilement le miel épanché dans le calice des fleurs ; & leurs jambes, dépourvues de palettes triangulaires, ne pourroient point recevoir la boulette de cire qu’apportent les ouvrières.

Quoiqu’ils ne s’occupent point aux travaux des abeilles, on ne doit pas les considérer dans leur société comme des individus dont l’unique emploi est de consommer les provisions qu’elles amassent avec tant de fatigues ; elles sont trop économes pour les souffrir parmi elles, s’ils n’avoient que ce talent destructeur : ils se prêtent aux plaisirs d’une reine à laquelle elles sont fortement attachées, & qui donne continuellement de nouveaux sujets à leur état ; ils sont pour elle un sujet de délassement, & contribuent en même-tems à la population de son empire ; ils rendent par conséquent d’importans services à la république : pourquoi donc les traiter comme des êtres destructeurs, ou tout au moins inutiles ?