Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/312

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branes qui débordent sa superficie. Ces deux dernières espèces d’ailes ne sont que des productions des feuilles. On y trouve, comme dans l’aile de la semence, toutes les parties principales de la feuille, c’est-à-dire le réseau vasculeux, le tissu cellulaire ou parenchyme, qui est entre les mailles du réseau, & l’épiderme qui recouvre le tout. M. M.

Aile, est encore un terme de jardinage : il se dit des branches des arbres, ou des autres plantes qui poussent sur les côtés, & ont par conséquent la disposition des ailes des oiseaux. En parlant des artichaux qui poussent sur le côté de la mère tige, on dit qu’ils poussent des ailes.


Aile, Anatomie. C’est une partie du corps des oiseaux, de certains insectes, & de quelques autres animaux, comme la chauve-souris & l’écureuil volant, qui leur sert à voler, c’est-à-dire, à s’élever, se soutenir, & se transporter d’un endroit à un autre à travers l’air. Pour bien entendre l’action du vol, il est nécessaire d’avoir quelques notions préliminaires des parties qui concourent à le produire.

Tous les animaux bipèdes & quadrupèdes, outre les pieds de derrière, ont encore deux bras attachés aux épaules, qui, dans les quadrupèdes, leur tiennent lieu de pieds pour marcher, servent à l’homme pour prendre, serrer, enlever, &c. & à l’oiseau, pour voler. Dans tous, ces bras sont formés du même nombre de parties & d’os principaux, disposés de la même manière, d’une omoplate, d’un humérus, d’un cubitus, d’un radius, & d’un carpe.

Dans les oiseaux, (Borelli, de motu animalium, capite de volatu) l’omoplate est composée de deux os, formant entre eux un angle aigu, dont l’un, le plus élevé, adhère aux côtes dorsales, & tient à l’épine du dos par un grand nombre de muscles, & l’autre est attaché au sternum. Dans l’angle formé par les deux os de l’omoplate, est un trou qui est traversé par le tendon du muscle éleveur de l’aile. Cette aile est encore garnie d’un muscle pectoral abaisseur ; & comme son action est très-forte, l’omoplate & l’extrémité de la clavicule, pour pouvoir y résister, trouvent leur point d’appui sur le tranchant & la crête de l’os sternum. L’humérus s’articule avec l’omoplate dans l’angle de ses deux os ; & à l’extrémité de l’humérus, sont le cubitus & le radius : ils sont plus longs dans l’oiseau que l’humérus. Le tout est terminé par les os du carpe, qui forment la main dans l’homme, & l’extrémité des ailes, ou, comme Willughby l’appelle, l’aile secondaire : la longueur du carpe est moindre que celle de l’humérus.

La proportion des os des ailes & des plumes, avec la longueur du corps, n’est pas uniforme dans tous les oiseaux ; l’autruche, par exemple, a de très-petites ailes relativement à son corps, aussi lui servent-elles moins à voler qu’à accélérer sa course. Les poules & les oiseaux qui volent peu, & ne s’éloignent guère de la terre, les ont un peu plus longues : les pigeons qui s’élèvent & soutiennent davantage leur vol, les ont assez étendues ; mais les oiseaux de proie, les hirondelles, les cygnes, l’aigle, &