Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/491

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tige est une hampe haute depuis deux jusqu’à quatre & six pouces. Ses feuilles sont au nombre de cinq ou de six, d’un verd noirâtre, & assez semblables à celles du narcisse le plus printanier. La fleur est seule dans chaque spath ; ses pétales sont d’un beau jaune & égaux. Ses étamines sont droites. La plante se multiplie par cayeux.

Elle est commune en Italie, en Espagne, &c. Ses feuilles paroissent au mois d’Août ; elle fleurit en Septembre, en Octobre, & même en Novembre, si les gelées ne l’arrêtent pas. Lorsque ces mois sont pluvieux, elle fleurit plutôt. Les feuilles poussent & croissent jusqu’en Mai, & elles se fanent alors. C’est le tems de l’arracher de terre pour la replanter. Elle aime le plein air ; l’ombrage des arbres & des murs lui est contraire. Cette plante fait très-bien en bordures ; on peut la mélanger avec les colchiques & les safrans d’automne.


Amaryllis ondée. Amaryllis undulata. Lin. La tige a un demi-pied de hauteur, terminée par un spath qui renferme environ douze fleurs disposées en bouquet & en forme d’ombelle. Les pétales des fleurs sont horizontaux, purpurins, ondés, étroits, en forme de fer de lance, leurs extrémités très-aiguës, & leur base ovale ; les étamines recourbées vers la base. Il suffit de la garantir des fortes gelées, ou avec de la balle du bled, ou avec des paillassons, ou des châssis, dans le nord. Elle fleurit en Octobre, & produit un bel effet.


Amaryllis de Guernesey, ou la Guernesienne. Amaryllis sarniensis. Lin. Les habitans des îles de Guernesey & de Jersey, dans la Manche, sur les côtes de Normandie, font un commerce assez considérable de cette plante, nommée mal à propos lis de Guernesey. Elle est originaire des grandes Indes, & particuliérement du Japon. Depuis la fin du siècle dernier, elle a végété spontanément sur les bords de cette île, où elle étoit inconnue avant cette époque. Sont-ce les courans qui en auront transporté la graine ou l’oignon ? ou doit-on l’attribuer au naufrage sur ces côtes, de quelques vaisseaux qui la rapportoient des grandes Indes ?

Comme je n’ai jamais cultivé cette plante, j’emprunte de l’Histoire universelle du règne végétal, publiée par M. Buc’hoz, les détails de la culture qu’on lui donne à Paris.

C’est dans les mois de Juillet & d’Août qu’on fait venir des îles les oignons de cette superbe fleur. Plutôt on les aura levés de terre après que la fane des feuilles sera tombée, mieux ils reprendront. Cependant on a observé que les oignons qu’on lève dans le tems que la fleur commence à sortir, sont ceux qui fleurissent le plus communément. Néanmoins les fleurs ne deviennent jamais aussi belles, & les oignons ne se trouvent pas, à beaucoup près, aussi bons que si on les eût tirés de terre avant d’avoir poussé leurs nouveaux chevelus. Quand les oignons seront arrivés dans ce pays, on les plantera aussitôt dans des pots garnis de terre neuve, légère, sablonneuse, mêlée d’un peu de terreau consommé. On les placera à une exposition chaude ;