Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/516

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que j’avois obtenu de la même marne l’année précédente. »

» XXXIIIe. XXXIV.e & XXXVe. expériences. Les dernières expériences que je viens de rapporter ne roulent, comme on a vu, que sur chacune des matières qui avoient fait partie des terres composées dont j’ai déjà parlé : je les ai répétées à l’égard de ces matières, pendant trois années, par des épreuves doubles, dans la vue ou d’obtenir des résultats pareils, ou d’examiner la cause des différences qui s’y rencontreroient. On peut se rappeler que le blé a très-bien réussi dans la vingt-huitième expérience sur les retailles de pierre seules, & que le succès a été complet pendant trois ans. Il ne s’est pas ainsi soutenu dans la trente-troisième, trente-quatrième & trente-cinquième, où je n’avois employé également que des retailles de pierre. Si, dans la première de ces trois épreuves correspondantes, le blé, après n’avoir donné, il est vrai, qu’un produit médiocre en 1771, étoit en bien meilleur état en 1772, & a réussi encore mieux l’année suivante ; j’ai observé que dans la trente-quatrième expérience, la végétation a été plus foible que dans l’épreuve précédente. Il est même arrivé, à l’égard de la trente-cinquième, que quoique le blé y eût réussi en 1772, il y manqua totalement en 1773. Je crois avoir reconnu la cause de ce dernier accident, & elle peut avoir influé aussi sur l’inégalité de végétation dont je viens de parler. M’étant apperçu, en effet, que le blé ne levoit point, pendant que dans les autres pots, les plantes s’étoient annoncées, je remuai à un ou deux pouces de profondeur, la surface des retailles de pierre ; je remarquai que le grain y avoit germé par-tout, mais que cette surface de deux pouces ou environ d’épaisseur, s’étant, pour ainsi dire, mastiquée par le premier & unique arrosement qui lui avoit été d’abord nécessaire, ou par des pluies subséquentes, elle avoit empêché que les plantes ne sortissent. Les unes s’étoient repliées sur elles-mêmes, & étoient restées jaunes, faute d’avoir pu gagner l’air extérieur. Je présume dès-lors que le peu de succès de la répétition de cette expérience sur les retailles de pierre, peut avoir été occasionné par la nature même de cette matière qui se durcit après avoir été mouillée, & devient assez compacte, pour que le grain, lorsqu’il se développe, ne la pénètre que difficilement. Il étoit arrivé, apparemment, par une de ces circonstances heureuses qu’on remarque quelquefois dans le cours d’un grand nombre d’expériences, qu’à l’égard de la vingt-huitième, dont on a vu le résultat, le grain que je semai dans les retailles de pierre, ou ne s’y trouva qu’à une profondeur convenable, ou que ces mêmes retailles, réduites à une moindre ténuité, donnèrent aux jeunes plantes des issues plus faciles pour percer la couche supérieure de ces retailles, puisque j’ai eu pendant trois ans consécutifs, les plus grands succès dans cette expérience. »

» XXXVI.e & XXXVIIe. expériences. Quoiqu’il y ait eu aussi beaucoup d’inégalité dans le produit des expériences que j’ai répétées sur l’argile seule, néanmoins, pendant les trois années où je les répétai,