Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/567

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


tems ; mais la tumeur continuant à grossir, & la malade à vivre dans l’incontinence, un jour la tumeur perça, & la malade expira en quelques minutes d’une hémorragie.

Nous n’avons rapporté cet exemple que pour effrayer ceux & celles qui se livrent à des exercices immodérés, & qui étant assez malheureux pour être attaqués de semblables maladies, sont assez téméraires pour confier leur vie au premier charlatan qui se présente, sous le spécieux prétexte de guérison.

2º. Des varices. Cette maladie est absolument la même que la précédente ; elle ne diffère que par la partie dans laquelle elle siège.

La varice est une tumeur molle, inégale, tortueuse, noueuse, indolente, livide ou noirâtre. Elle est causée par la dilatation des veines engorgées par le sang qui ne peut pas remonter vers sa source, soit parce qu’il est trop épais, soit parce qu’il éprouve des obstacles dans son cours.

Cette tumeur, ou plutôt ces tumeurs, paroissent aux jambes & aux cuisses ; les femmes enceintes y sont fort sujettes.

Ces tumeurs sont ordinairement la suite des coups, des chûtes, des efforts & des ligatures ; le sang arrêté dans les veines en force les tuniques, & donne naissance à une tumeur. Elles sont quelquefois la suite d’obstruction des viscères du bas ventre.

Quand ces tumeurs sont simples & petites, elles ne sont ni douloureuses, ni dangereuses ; mais celles qui sont grandes, s’enflamment, quelquefois se rompent, donnent des hémorragies funestes, & se terminent en ulcères de mauvais genre.

Les varices qui sont dans l’intérieur du corps, sont beaucoup plus dangereuses que celles qui siègent à l’extérieur ; celles auxquelles les femmes enceintes sont sujettes, traînent ordinairement peu de danger après elles. Les hypocondriaques, les mélancoliques, & ceux qui ont des maladies de rate, sont soulagés quand il leur survient des varices, & qu’elles coulent abondamment.

Les onguens & emplâtres que l’on applique indiscrétement sur ces tumeurs, les font dégénérer ; de très-simples qu’elles étoient, ils en forment des maladies très-dangereuses, comme des ulcères malins, suivis d’œdème, d’empâtemens & de carie des os.

La première indication qui se présente, est de désemplir les vaisseaux par les saignées ou par les sang-sues, afin de faciliter le retour du sang ; ensuite, il faut s’occuper à corriger la mauvaise disposition du sang par l’usage des bouillons amers, auxquels on joint avec succès des purgatifs doux de distance en distance, & suivant l’exigence des cas.

La compression guérit aussi quelquefois ces tumeurs, quand on la continue long-tems, mais sans meurtrir les chairs ; on se sert aussi avec succès de compresses graduées, trempées dans de l’eau alumineuse, & dans de fort vinaigre.

Quand les varices sont très-grandes, anciennes & douloureuses, il faut avoir nécessairement recours à l’opération.

On ouvre la tumeur avec un instrument tranchant : quelques-uns