Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/649

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pour pénétrer par des routes inconnues dans les veines qui doivent le reporter vers le cœur. Le suc séveux est plus tranquille dans sa marche ; il ne revient pas sur lui-même, il ne circule pas : des racines, il s’élève en ligne droite par des conduits longitudinaux jusqu’à l’extrémité de la plante ; & cependant l’humeur atmosphérique, absorbée par les pores des feuilles, descend par des canaux peut-être différens des premiers, jusqu’aux racines. Le suc ascendant se perd-il tout entier par la transpiration, ou une partie reflue-t-elle par un mouvement d’oscillation, & revient-elle vers le tronc par une route qui nous est inconnue ? Cette résorption auroit quelque analogie avec la circulation du sang ; mais on desireroit toujours dans le végétal un cœur & des vaisseaux élastiques qui pussent donner le mouvement d’impulsion & de répulsion au suc. En supposant ce flux & ce reflux, on pourroit encore le comparer avec les esprits animaux, comme les fibres ligneuses aux nerfs, & les feuilles à l’expansion des papilles nerveuses.


Respiration.

Le mécanisme de la respiration dans l’animal & dans la plante est différent. Les plantes n’ont point de poumons ; mais la condensation, la dilatation successive de l’air dans les trachées, son entrée & sa sortie tiennent lieu de respiration ; il rafraîchit le suc, se mêle & circule avec lui.

Si nous avons trouvé des différences dans les deux fonctions principales de tout être vivant, la circulation du sang & la respiration, les rapports dans l’acte de la génération nous satisferont davantage.


Génération.

Dans l’un & dans l’autre règne, on trouve des individus mâles, des individus femelles & des hermaphrodites. Si ces derniers sont infiniment plus abondans dans les plantes, la nature sans doute a voulu suppléer par-là au défaut du mouvement progressif qu’elle a refusé aux plantes. Les mulets, nés de deux animaux d’espèce différente, ne ressemblent-ils pas aux plantes hibrides de M. S. CH. E. de la société des amis scrutateurs de la nature, & de M. Gledatsch ? En examinant toutes les parties qui se développent à la fleuraison, & qui concourent à la multiplication d’une plante, nous trouverons que les anthères font les fonctions des testicules, le filet des anthères de vaisseaux spermatiques ou déférens, le pistil d’utérus, le stigmate de l’orifice de l’utérus, le stile du vagin. Les vésicules séminales des anthères que font-elles autre chose que les vésicules séminales des animaux ? La liqueur séminale du mâle s’échappe avec force, & pour ainsi dire par un mouvement convulsif, & s’élance dans l’orifice de l’utérus ; la poussière séminale des plantes brise son réservoir, & se porte avec vivacité sur le stigmate couvert alors d’une humeur visqueuse qui fixe & retient les globules de cette poussière : la nature de ces deux substances est la même. Les animalcules séminales, comme les globules de la poussière, va-